Loin d’être un simple facteur de risque, l’obésité est une maladie chronique nécessitant une prise en charge médicale. Le succès des thérapies agonistes commence déjà à bouleverser les mortalité et morbidité associées. Quand et comment, dès lors, appréhender leurs effets sur les projections assurantielles ?
Avec quelque 890 millions d’adultes atteints à travers le monde en 2022, le nombre de personnes âgées de plus de 18 ans touchées par l’obésité (IMC-indice de masse corporelle égal ou supérieur à 30) a plus que doublé depuis 1990. Plus largement, toujours en 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (1) dénombre 2,5 milliards d’adultes en situation de surpoids (IMC égal ou supérieur à 25), soit 43 % des hommes et 44 % des femmes. Une tendance que rien ne semblait alors pouvoir arrêter, d’autant que sur la même période 1990-2022, le nombre d’adolescents atteints d’obésité a, lui, été multiplié par quatre. « Autrefois considéré comme un problème concernant uniquement les pays à revenu élevé, le surpoids est désormais en augmentation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire », pointe par ailleurs l’OMS dans son rapport.
Alors, comment enrayer l’évolution de cette prévalence sachant que l’obésité aurait contribué à 3,7 millions de décès liés aux maladies non transmissibles en 2021 et que son coût économique mondial pourrait atteindre les 3 000 milliards de dollars américains par an d’ici à 2030, selon l’OMS ? Jusqu’à récemment, les réponses ne variaient pas, mettant l’accent sur la prévention (accompagnement nutritionnel et activité physique en premier lieu) et le suivi médical. Si ces mesures se révèlent toujours essentielles, elles ont toutefois laissé la première place, ces derniers mois, aux médicaments utilisés dans le traitement de l’obésité adulte : les agonistes du GLP-1 (liraglutide, sémaglutide) et le double agoniste GIP/GLP-1 (tirzépatide), dont les prescriptions ont explosé. Au point que le Mounjaro (tirzépatide), développé par le laboratoire américain Eli Lilly, devenait au premier trimestre 2026 le médicament le plus vendu au monde (8,7 milliards de dollars), devançant le Keytruda (7,9 milliards de dollars), un anticancéreux de Merck qui occupait la première place depuis trois ans. Commercialisant également le Zepbound (tirzépatide), Eli Lilly a revu, dès l’annonce de ses résultats du premier trimestre fin avril, les prévisions de son chiffre d’affaires annuel à la hausse, entre 82 et 85 milliards de dollars (2) attendus contre 65,2 milliards en 2025 (entre 26 % et 30 % de progression, après +45 % par rapport à 2024), portée par la demande domestique mais, surtout, par celle, exponentielle, provenant des pays hors États-Unis.
Une nette baisse sur le long terme
