Risque émergent qualifié de « péril invisible » par Swiss Re, les vagues de chaleur font l’objet de plus en plus d’études en assurance de personnes, du fait de la hausse de la mortalité qu’elles entraînent. L’impact pour l’activité des compagnies reste toutefois difficile à lire. C’est encore plus vrai dans le champ de l’assurance dommages, tant nombre de coûts demeurent cachés.
Furnace Creek, juillet 2024. Les touristes se pressent devant l’emblématique thermomètre géant de la Vallée de la Mort pour immortaliser d’une photo le chiffre affiché : 54 °C. En moyenne ce mois-là, le mercure avait grimpé à 42,5 °C. Un record mondial qui devrait être battu dans les années à venir, sous l’effet du dérèglement climatique. Selon l’Organisation météorologique mondiale (WMO, en anglais), les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées en moyenne à l’échelle de la planète, le record revenant à l’année 2024 et son 1,55 °C de plus par rapport à l’ère préindustrielle (1).
Cette augmentation moyenne va de pair avec des épisodes de chaleur extrême ici et là sur le globe. « Un dôme de chaleur comme la France en a connu en 2023 et 2025, à savoir un anticyclone bloqué par deux dépressions, est une situation météorologique atypique qui a toujours existé en été, mais que le changement climatique rend à la fois plus fréquente et plus intense, notamment en termes de durée », souligne Gwendal Pougnet, responsable du département Impact Insurance chez Axa Climate et actuaire certifié IA. Ainsi, selon Météo-France, une vague de chaleur a 45 % de chance de survenir dans une période estivale allant de début juin à mi-septembre dans une France à +2,7 °C en 2050. À l’horizon 2100, dans le scénario d’un réchauffement de +4 °C, la probabilité passe à 70 % sur une période s’étalant de mi-mai à fin septembre (2).
Ce risque accru de canicule ne devrait pas épargner les activités d’assurance. Mais ses conséquences sont tout aussi multiformes que difficiles à appréhender pour le secteur.
