Baisse de la diffusion et de la publicité, IA générative et fiabilité en question : la presse professionnelle doit répondre à de nombreux défis. Son expertise lui donne des atouts, à condition qu’elle soit prête à s’adapter sans déroger à ses principes déontologiques et à la qualité de l’information promise au lecteur.
Cousine discrète des médias généralistes, la presse professionnelle ou B2B compte près de 400 éditeurs, plus de 1 100 titres imprimés et 580 de plus en ligne, d’après la Fédération nationale de la presse professionnelle et spécialisée (FNPS). Cette presse se caractérise par son contenu rédactionnel spécialisé dans un secteur d’activité, voire un métier, et se définit par sa communauté de lecteurs. Les coiffeurs la mettent en évidence dans leur salon pour dévoiler les tendances capillaires et les derniers après-shampooings, les experts-comptables s’y tiennent informés des évolutions réglementaires. C’est aussi une presse à l’histoire ancienne, dont certains titres ont un âge respectable, comme Lloyd’s List, né en 1734 au Royaume-Uni, consacré au transport maritime, à l’assurance et au commerce international. En France, parmi les plus vieux titres se trouvent Le Moniteur du commerce international, ou Moci, en activité depuis 1883, et L’Usine nouvelledepuis 1891. De rares titres touchent un public plus large, comme Courrier cadres, vendu en kiosque. Tous les secteurs d’activité sont concernés. Les périodicités varient, les formats aussi, du journal Le Quotidien du médecin à un trimestriel comme L’Actuariel, en passant par une newsletter mensuelle comme la Lettre du CNRS.
Peu de concentration dans la presse B2B
Certaines publications émanent directement du groupement professionnel auquel elles s’adressent. Marc Veilly, secrétaire général du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, est le rédacteur en chef du trimestriel Vétérinaires, gratuit et consultable en ligne par les 23 000 professionnels inscrits à l’ordre. « Ce magazine permet de faire la liaison entre les membres et l’institution, pour les informer des actualités importantes de la profession et du cadre réglementaire dans lequel ils exercent », précise-t-il. Parmi les dossiers récents traités : la mise à jour des médicaments vétérinaires. Des fiches pratiques expliquent, par exemple, comment signaler une maltraitance constatée en cabinet. « À travers ce magazine, la profession veut également inciter les vétérinaires à s’impliquer dans la vie de l’ordre, notamment lors des élections ordinales régionales », explique Marc Veilly.
Contrairement à la presse grand public, la concentration n’est pas de mise en B2B. Quelques grands groupes se distinguent dans le paysage : le leader Infopro Digital (éditeur de titres historiques comme Le Moniteur ou L’Usine nouvelle mais aussi de L’Argus de l’assurance), NetMedia Group (Marketing, Ecommerce, Relation client) ou encore Ficade (Décideurs magazine, Séquence bois). De nombreux petits éditeurs indépendants subsistent, comme le franco-britannique JLE (John Libbey Eurotexte), spécialisé dans le médical et le scientifique. Autre avantage, cette presse B2B s’est rapidement digitalisée. « Elle s’est convertie du papier au digital presque sans passer par la case du PDF en version numérique », constate Franck Dimey, directeur diffusion à l’ACPM, organisme chargé de certifier les chiffres de l’ensemble de la presse.
