Et si… le CO2 devenait une matière première au bord de la pénurie ?

16 juillet 2026  | Par Valentin EHKIRCH
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Dans un monde où le carbone est devenu une matière première très convoitée, un groupe d’industriels envisage l’impensable : ouvrir d’anciens champs de stockage de CO2 pour récupérer la fameuse molécule.

3 mai 2064 À bord du TUGV Copenhague-Paris

Journal personnel de Laszlo Kovacs, journaliste.

À 700 km/h, le paysage qui défile par la fenêtre d’un train à ultra-grande vitesse (UGV) n’est plus qu’une bande floue de vert et de gris. J’ai le regard un peu perdu, on m’a apporté un café que je n’ai pas bu. Alors qu’il est près de 14 h et que je n’ai pas pris de petit-déjeuner, je n’ai pas faim non plus. Je ressasse l’échange que j’ai eu hier avec Soren Drift.

Le train glisse dans un décor entièrement reconfiguré par l’homme. Les grandes forêts d’absorption, plantées sur des millions d’hectares pour en faire des actifs de séquestration naturelle, se mélangent aux infrastructures de production énergétique des bords de mer. Une économie que l’on a entièrement redessinée ces dernières années se profile là, sous mes yeux. Une réussite sûrement, mais depuis ma conversation avec Soren, je regarde tout cela avec beaucoup plus d’amertume que d’admiration.

L’ancien broker en matières premières, qui a jonglé longtemps avec les gigatonnes sur le marché du carbone, a quitté son bureau de verre de Genève trois semaines plus tôt. Dix ans passés dans les salles de marché à faire tourner la machine de « la grande transformation ». C’est l’expression que les journalistes ont utilisée pour décrire le basculement du monde dans l’ère du cycle du carbone. Un monde de gigawatts, de tonnes et de mètres cubes, qui a fini par dégoûter le spécialiste après une étonnante découverte. Un matin, il a donc tout plaqué et donné l’alerte : face à la crainte d’une pénurie de CO2, un groupe d’industriels plaide pour la réouverture d’anciens champs de stockage.

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Les faits

50 % : La concentration actuelle de CO2 dans l’atmosphère est de 425 ppm (parties par million), soit 0,0425 %. À titre de comparaison, cette concentration était de 280 ppm
en 1750, ce qui représente une hausse de plus de 50 % depuis la révolution industrielle.

De 5 à 6 GtCO2/an : c’est le seuil de déploiement mondial réaliste du stockage géologique (CCS) d’ici à 2050. La France s’est dotée d’une stratégie nationale qui vise à capter de 4 à 8 millions de tonnes de CO2 par an d’ici à 2030.

Sources : Institut Pierre-Simon Laplace, «The feasibility of reaching gigatonne scale CO2 storage by mid-century», Nature, 28 août 2024.

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