C’est une question de santé essentielle dont les retombées financières et environnementales sont majeures. Comment conjuguer au plus vite pertinence des soins et équilibre économique dans une société qui assimile trop souvent la faculté de prescription à la certitude de la guérison ?
« L’idée selon laquelle une partie des dépenses de santé finance des soins inutiles ou à faible valeur ajoutée, voire source d’effets indésirables, s’est imposée dans tous les systèmes de santé développés », indique le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), dans son rapport sur le redressement de la Sécurité sociale (1) sorti en juillet 2025. En France, la préoccupation du bon usage du système de santé a émergé dans les années 1990, avec les premières actions visant à améliorer la pertinence des soins, définie ainsi par le ministère de la Santé : « Un soin pertinent est le juste soin (actes, prescriptions, prestations), au bon patient, au bon moment, compte tenu des connaissances scientifiques actuelles. » À fin 2025, le bilan est mitigé. Certaines actions ont échoué à changer les comportements et, pour celles qui se sont révélées efficaces, il a été difficile de « cranter ces succès dans la durée », admet le HCAAM, citant la célèbre campagne sur les antibiotiques de 2002.
Entre 2019 et 2024, le taux de croissance annuel moyen en volume des remboursements de soins de ville du régime général s’est établi à 4,7 %. Si des facteurs, notamment démographiques et épidémiologiques, expliquent pour partie cette évolution, une part substantielle des dépenses d’assurance maladie « résulte de pratiques de soins inadaptées, redondantes ou non pertinentes, générant ainsi un gaspillage financier et environnemental », estime la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) dans son rapport de propositions pour 2026 (2).
