Un an après le cyclone Chido qui s’est abattu sur Mayotte, l’île perçoit tout juste les frémissements de la reprise. L’idée étant de ne pas revenir dans la situation précédant la catastrophe, mais de tirer des enseignements qui renforceront son adaptation. Un enjeu difficile quand il doit se concilier avec l’action urgente.
Jeudi 27 novembre 2025, l’Insee entame son « recensement exhaustif » de la population à Mayotte. L’opération, menée par 700 agents jusqu’au 10 janvier 2026, permettra de « mettre à jour les chiffres officiels de la population de Mayotte qui dataient de 2017 », indique l’institut dans un communiqué datant du 24 novembre (1). Surtout, ajoute-t-il, « cette collecte a été précédée d’un repérage minutieux de tous les locaux d’habitation qui a été réalisé par les enquêteurs de l’Insee entre avril et août 2025. Environ 65 000 bâtis à usage d’habitation ont été identifiés et cartographiés avec précision. Cela signifie que chaque case, chaque maison, chaque immeuble a été localisé ». Les premières estimations globales, attendues pour l’été 2026, et, surtout, les chiffres officiels, dont la publication est prévue à la fin de l’année prochaine, devraient s’éloigner largement des 256 500 habitants recensés en 2017 et même des 329 000 habitants estimés par l’Insee au 1er janvier 2025.
Gérer l’urgence et se projeter dans l’avenir
Interrogé par France Inter dans son journal de 7 h 30 le 27 novembre, le maire de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, Ambdilwahedou Soumaila, dit s’attendre à ce que le chiffre officiel de 93 000 habitants pour sa commune soit multiplié par 1,5, voire 2. Les élus de l’île n’hésitent d’ailleurs pas à avancer un chiffre global de 500 000 habitants, un chiffre repris par le gouvernement Bayrou début janvier 2025. Réponse dans un an donc, avec une importance capitale pour le dimensionnement des équipements publics et la dotation des communes qui dépendent du nombre effectif d’habitants. Au total, le coût de l’opération atteindra 4 millions d’euros : la moitié pour l’Insee, l’autre pour les communes qui ont perçu de l’État 1,5 million dans ce cadre. Mais qui n’hésitent pas à ajouter 500 000 euros pour cette occasion unique.
