Maxime Menuet, professeur à l’université Côte d’Azur

16 juillet 2026  | Par Anne-Laure GROSMOLARD
L'actuariel // économies // Maxime Menuet, professeur à l’université Côte d’Azur

L’économiste Maxime Menuet revient sur l’un de ses sujets phares – la dette publique – dont il conteste les critères prégnants de soutenabilité. Il explique pourquoi.

Pouvez-vous rappeler la différence entre solvabilité et soutenabilité de la dette publique ?

Maxime Menuet : La solvabilité fait référence à un argument comptable lié au budget de l’État. Pour savoir si ce dernier est solvable ou pas, il suffit de répondre à cette question : l’État respecte-t-il sa contrainte budgétaire intertemporelle, c’est-à-dire sa trajectoire de dette reste-t-elle compatible, à long terme, avec sa capacité à la financer ? La dette publique relie plusieurs périodes : lorsqu’un État emprunte aujourd’hui, il s’engage à honorer cette dette demain. Cette idée est souvent formulée à travers la condition d’absence de jeu de Ponzi. Concrètement, cela signifie qu’un État ne peut pas compter indéfiniment sur l’accumulation de nouveaux emprunts pour financer une dette qui croîtrait plus vite que ses ressources futures. Bien sûr, les États refinancent régulièrement leur dette : lorsqu’une obligation arrive à échéance, ils en émettent souvent une nouvelle pour la remplacer. C’est le fonctionnement normal de la dette publique.

Pour autant, ce n’est pas un critère pertinent ?

Maxime Menuet : Selon de nombreux économistes, cette contrainte n’est finalement pas si… contraignante. En fait, quasiment tous les pays la respectent et sont, par conséquent, solvables. À titre d’exemple, les travaux de Daniel Cohen, ce grand économiste de l’École normale, ont montré que les pays d’Amérique du Sud qui avaient subi les crises de la dette des années 1980 étaient solvables. Parce que cette contrainte, technique et comptable, est indépendante du niveau de la dette publique. Vous pouvez avoir un pays très endetté qui respecte sa contrainte de solvabilité et un autre avec un niveau de dette très bas qui ne la satisfait pas. Ce critère n’est donc pas pertinent, car il ne nous dit pas grand-chose sur l’état de la dette d’un pays, si elle est trop forte et capable de mettre ce dernier financièrement en danger.

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Note

Dates clés

  • 2018

Doctorat en économie (université d’Orléans)

Prix de thèse de la Fondation Banque de France

  • 2023

Professeur des universités à l’université Côte d’Azur

  • 2026

Nominé au prix du Meilleur jeune économiste (Le Monde / Cercle des économistes)

Nommé à l’Institut universitaire de France

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